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QUELQUES LIVRES DONT J'AI REDIGE UNE FICHE DE LECTURE JUSTIFIEE POUR UN SALON DU POLAR

1-PREDATION,  de Jérôme CAMUT et Nathalie HUG ,  éditions TELEMAQUE


Les sujets abordés sont-ils originaux ?
Le roman présente la manipulation mentale très organisée. Le psychisme des individus enlevés, puis enfermé est soumis à un enfer de procédure tel que les personnes perdent toute volonté d’opposition, arrivant ainsi à une dépendance totale.
Ce sujet a déjà été traité, essentiellement dans des romans de science fiction. Dans le roman policier, pas à ce point.


L'intrigue est-elle bien construite ?
Il y a un plan rigoureux du livre. On le remarque tout de suite car le lecteur est dérouté par l’alternance des points de vue qui vont le « balader » d’un lieu à l’autre sans répit. Mais, est-ce vraiment une intrigue policière? En fait le lecteur voit tout, tout est dit ! rien ne lui échappe ! il est placé en position haute d’où il constate qu’intel ou intel agit ainsi pour telle ou telle raison, mais sans un effet de surprise. Le lecteur est mis à distance.


Les personnages ont-ils de la présence et du caractère ?
Oui. Les personnages sont assez bien campés. Les meilleurs étant les enfants.

Quelles sont les qualités d'écriture de ce roman ?
Le style est essentiellement narratif. Les protagonistes ne rencontrent pratiquement qu’eux-mêmes. Ils sont extrêmement seuls ! Ce qui donne au roman une certaine lourdeur.


Le rythme du récit est-il dense, chaotique, linéaire ?
Le roman est écrit selon plusieurs points de vue. On a d’abord un peu de mal à savoir qui est là. C’est sans doute pourquoi il y a des changements de police de caractères au cours de la rédaction. En fait, on se lasse un peu de passer d’un personnage à l’autre car ces personnages ne nous donne guère le loisir d’exercer notre sagacité pour démêler l’intrigue, mais, celle-ci existe-t-elle ?


A quelle tendance attribuez vous ce roman?
(ambiance, social, road-movie, humour, suspens, inclassable...)
Ce roman a les qualités de la science fiction plus que celle du roman policier.  Les personnages sont plongés dans un inconnu total. Les repères ont disparu pour tous les protagonistes. Le héros policier « Rufus »  est lui-même perdu au milieu de ces non-repères. Il est en quelque sorte le pendant des personnes enfermées. Il semble sous influence ! Il ne fonctionne qu’à l’intuition et la fin où la Brigade antiterroriste (BAT) intervient efficacement est l’antidote à cette dérive. Rufus est plongé dans la sentimentalité, ce qui est étrange pour un policier. Il n’y a pas de distanciation entre ce qui se passe, les victimes et Rufus.


Que reste t'il de votre lecture ?
J’avoue que ce livre a été pour moi un calvaire de lecture ! Non pas qu’il ne soit pas intéressant. Mais il m’a ennuyé.

Remarques personnelles
Généralement je lis vite, même très vite. J’irai jusqu’à dire que je dévore les livres. Mais, dans le cas présent il a fallu que je me botte les fesses pour le finir. Le lecteur n’est pas invité à participer au déroulement de l’action. Il en est trop écarté.


Résumé :
Deux hommes sont découverts à des endroits différents de la ville ou de la banlieue (Paris), le bras gauche arraché, morts ! Rufus, inspecteur de police, comprend qu’il s’agit d’un dispositif explosif qui leur a arraché le bras. Puis, une troisième victime apparaît qui va permettre de comprendre qu’il s’agit là d’une véritable organisation criminelle. Rufus va faire le rapprochement avec d’autres affaires. Par recoupement, il va déterminer que des hommes sont utilisés contre leur gré pour se livrer à des exactions.
Il travaille avec sa collègue Cécile qui sera victime d’un attentat.
Ce pauvre Rufus a été largué par sa maitresse il y a 6 mois et il ne s’en remet pas ! Ce qui le rend dépendant de sa douleur. C’est là sans doute le point de jonction entre ces hommes sous influence et lui-même : la dépendance. Celle-ci va donc le rendre aveugle tout en lui donnant le pouvoir de mieux comprendre ces hommes-zombis.  Ce ne sera pas suffisant pour qu’il échappe au colonel Kurtz.
Kurtz est un psychopathe dont on nous retrace l’enfance et la montée dans la psychose. C’est un peu léger comme explication mais, après tout, ce n’est pas non plus une analyse médicale. Là où on sent la fragilité du raisonnement c’est lors de l’affirmation du QI extraordinairement haut de Kurtz-Olivier ! Faut-il être très intelligent pour imaginer manipuler les autres ?


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L’ŒIL DE CAINE, de BAUWEN Patrick,  éditions Albin Michel , 2007
 Trente-sept ans, marié et père de deux enfants, Patrick Bauwen dirige un service d’urgence dans un hôpital de la région parisienne. Il a écrit des scénarii de jeux de rôles pour le journal Casus Belli, avec son meilleur ami, devenu psychiatre. Le tandem Chris et Pat continue avec la novélisation de Lanfeust de Troy, un best-seller de la B.D.

 

Les sujets abordés sont-ils originaux ?
Il me semble avoir lu plusieurs autres polars dont on sent l’influence. Dix petits nègres pour l’intrigue, L’enfer de René Belloto, mais surtout un livre dont le nom m’échappe où une star de la radio interview des personnes du cru. Elle se déplace avec une caravane de techniciens et va de scène de crime en scène de crime à travers les états unis.
Le thème principal est la manipulation.


L'intrigue est-elle bien construite ?
Très bien construite puisque l’on est littéralement happé par le déroulement de l’intrigue.


Les personnages ont-ils de la présence et du caractère ?
Les personnages principaux sont bien campés. Tel Thomas Lincoln ou Leonard Stern ou Elizabeth. Les autres sont un peu en retrait tout en étant présents, le temps de leur apparition!


Quelles sont les qualités d'écriture de ce roman ?
Beaucoup de dialogues qui servent l’action. Phrases courtes qui accélèrent le récit. La langue est simple, non sophistiquée, facile à comprendre.


Le rythme du récit est-il dense, chaotique, linéaire ?
Rythme dense. On passe d’un point de vue à l’autre sans même s’en apercevoir ce qui dénote d’une bonne maîtrise du récit.


A quelle tendance attribuez vous ce roman?
(ambiance, social, road-movie, humour, suspens, inclassable...)
Tendance ambiance psychologique.


Que reste–t-il de votre lecture ?
Un plaisir certain d’avoir vécu une aventure prenante.


Cela vous donne-t-il envie de relire cet auteur ?
Absolument. J’attends son prochain roman puisqu’il s’agit là du premier qu’il écrit seul !

Remarques personnelles
L’œil de Caine est simple mais très bien mené en terme de manipulation. Ce qui fait que le lecteur est dans l’action et vit avec les personnages. C’est quand même ce qu’on demande à un livre. Vivre ailleurs !
En fait, on se laisse manipuler dans ce livre. J’ai été étonné que le tueur ne détruise pas les provisions, ne coupe pas l’eau, etc… des indices qui laissent à penser que tout cela est faux mais qu’on veut ignorer tant le rythme est maintenu.


Résumé :
Le roman commence par la mort de la mère. Seth, 12 ans, vient de tuer sa mère. A moins qu’il n’ait simplement assisté à son meurtre « … Il se retourne, surpris : quelqu’un se tient dans l’obscurité du couloir... C’est toi ? La silhouette se rétracte, comme absorbée par les ténèbres…» (p 13)
Puis on passe au sujet du livre : l’émission de Hazel Caine. Une téléréalité où 10 personnes vont être mises dans des conditions – qu’elles croient merveilleuses : Las Vegas, casino … - mais qui vont se révéler extrême ! En effet le car qui les transportent à Las Vegas est détourné et les voilà dans une ville sans nom, seuls, sans eau, sans rien à manger, avec la peur au ventre et le soupçon que chacun pose sur les autres.
Durant les centaines de pages du roman, on se trouve devant des meurtres soigneusement préparés. Les 10 personnes vont être 10 victimes horrifiées. Sacrifiées par un psychopathe qui va les liquider selon les préceptes des 10 plaies d’Egypte. Le héros du livre Thomas Lincoln, afro-américain, ex-toubib radié du conseil de l’ordre pour une faute que l’on découvrira vers la fin du livre, alcoolique invétéré, va devoir pourtant s’efforcer de trouver qui fait quoi. Mais il va être soupçonné de complicité avec le meurtrier par ses compagnons d’infortune. Seule, une femme va vouloir le soutenir, une pauvre femme battue qui tombe amoureuse de lui. Ah, l’amour !
Cependant, un par un, les participants à cette émission folle, meurent. Thomas va se défendre bec et ongles jusqu’à la fin. Il supprimera le psychopathe, son ami d’enfance, Seth ! Puis le frère de celui-ci qui semble avoir tout manigancé avec lui, se jette avec le seul enfant du groupe, dans un puits en criant que Thomas a gagné. Mais, qu’a-t-il gagné ?
La fin va nous le dire. Toute l’affaire n’est qu’un pur montage opéré par Hazel Caine qui veut, non pas réaliser une nouvelle reality show mais montrer la vérité de chaque participant. En fait, comme dans toutes ces émissions de voyeurs, le public élimine un à un les participants ! Tout est faussé ! Le lecteur est manipulé d’un bout à l’autre car il tremble pour ces pauvres victimes ! Le scénario a été imaginé par Seth, l’ancien ami de Thomas. Mais la fin des fins referme le livre en explicitant la silhouette lors du meurtre de la mère de Seth. Il s’agissait de Thomas, le seul véritable ami de Seth qui, pour protéger celui-ci de la folie maternelle (viols, attouchements incestueux, puis volonté de meurtre sur son fils) a tiré sur elle, la tuant ! Seth revoit Thomas à la fin du livre et lui dit : je t’ai donné rendez-vous pour « t’accorder mon pardon » et il explique à Tom qu’il a voulu cette émission pour que celui-ci puisse se reprendre et vivre enfin sa vie, sans complexe. Les 2 amis se quittent en pensant se revoir, un jour. Thomas rejoint sa nouvelle famille, Elizabeth et ses 3 enfants.

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GARDEN OF LOVE, de Marcus MALTE, éditions ZULMA
 Je suis né en 1967 à la Seyne/Mer, et j’y suis resté. Devant la mer.
J’ai fait des études de cinéma, mais ça n’a pas trop marché.
J’ai fait un peu le musicien, mais ça n’a pas trop marché.
Aujourd’hui j’essaie d’écrire des histoires. On verra. "

Les sujets abordés sont-ils originaux ?
Dans ce polar, le sujet principal est original (fascination, manipulation) quoi qu’assez au goût du jour. Quant à la dérive d’un policier, c’est assez constant !


L'intrigue est-elle bien construite ?
Oui. Très bien construite. On a envie de connaître la réalité et en même temps, on pense que cela peut attendre. Il y a une réelle ambiguïté qui s’installe entre le texte, les personnages et le lecteur.


Les personnages ont-ils de la présence et du caractère ?
Absolument. Une forte présence même, même si tout nous est conté par Alexandre Astrid, le policier.


Quelles sont les qualités d'écriture de ce roman ?
L’écriture est plus  littéraire qu’un polar habituel. Il y a une véritable recherche à travers l’agencement des mots, des phrases, des paragraphes, des chapitres, qui vise à entraîner le lecteur dans un univers assez glauque.


Le rythme du récit est-il dense, chaotique, linéaire ?
Rythme dense. On a du mal à quitter ce livre même si, de prime abord, on a du mal à rentrer dedans. En fait, on se demande où l’on va quand on lit le 1er chapitre qui présente une pute en plein office.


A quelle tendance attribuez vous ce roman?
(ambiance, social, road-movie, humour, suspens, inclassable...)
Psychologique. Concerne la fascination d’un flic par rapport à un assassin.

Que reste–t-il de votre lecture ?
Un double sentiment. D’une part, celui d’un malaise face à la fascination, la quasi identification de personnes aux buts totalement opposés et, en même temps, cette sorte d’abnégation du tueur face à celui qu’il manipule, lui offrant la rédemption. C’est curieusement christique.


Cela vous donne-t-il envie de relire cet auteur ?
Oui. Je pense que cet auteur est à suivre de près.

Remarques personnelles
C’est un bon livre avec quelques défauts malgré tout liés principalement à une utilisation surprenante (elle arrive d’un coup, comme si l’auteur n’avait pas réussi à tenir jusqu’au bout) d’un langage assez quelconque, voire très populaire. C’est surprenant.


Résumé :
Alexandre Astrid reçoit par la poste un manuscrit assez court (150 feuilles environ). Le titre « So I turn’d to the Garden of Love
That so many sweet flowers bore … »
(Alors je me tournai vers le Jardin de l’Amour
Qui portait tant de fleurs exquises ;
(la suite non écrite dans le livre) Et je vis qu’il était rempli de tombes.
(extrait de William Blacke ; trouvé par Marie)
va l’intriguer fortement quant à l’histoire, elle le plonge dans le désarroi car il a la forte impression qu’il s’agit de son histoire.

Alexandre est un flic à la dérive. D’une part, il a toujours enquêté en sous-marin dans les milieux interlopes et y a perdu son âme sans jamais perdre cependant sa vocation de policier. Par contre il a choisi le compromis dans sa profession. Pour faire tomber les gros, il faut aussi les fréquenter et se laisser acheter ! Jusqu’au jour où il peut frapper. Mais cette vie de policier lui a fait négliger complètement sa famille, sa femme enceinte de leur 3ème enfant et ses 2 aînés dont il ne s’est jamais occupé ! De plus, Alexandre, à force de fréquenter les hauts milieux de la magouille, est devenu alcoolique et il méprise sa petite vie avec sa petite famille. Jusqu’au jour où le malheur le frappe de plein fouet : sa femme et ses 2 enfants sont tués dans un accident de voiture. Et c’est la dégringolade avec la prise de conscience de ce qu’il a raté, de son incapacité à aimer les siens. Il tombe et devient de plus en plus alcoolique. Déchéance.


Durant cette descente aux enfers, un premier crime atroce (un professeur est tué et retrouvé dans les buissons du campus, la verge coupée et enfoncée dans la bouche !), puis un second (un dragueur impénitent, le don juan de la ville, a disparu, noyé visiblement), puis un troisième (les parents d’une jeune prostituée sont carbonisés dans leur maison !). Alors, malgré son alcoolisme, Alexandre va comprendre qui a tué. Il surveille la prostituée et, par déduction, découvre le coupable. Cependant, aucune preuve jusqu’au moment où il découvre un témoin visuel du meurtre des parents de Florence la pute. Un mandat est lancé contre Edouard Dayms. Mais celui-ci disparaît sans laisser de traces. Jusqu’au jour où Alexandre reçoit ce manuscrit. Il s’y reconnait car durant toute la filature qu’il a faite d’Ed et lors de leurs rencontres hors commissariat, il a raconté toute sa vie à l’assassin. Celui-ci s’est amusé à en faire ce manuscrit. Il y a mêlé des éléments de sa vie. Alexandre comprend alors à quel point on s’est joué de lui. Ed l’a fasciné au plus haut point. A tel point d’ailleurs qu’il l’a utilisé pour tuer son père ! Il va alors dans la maison que ce dernier habitait et le trouve là, suicidé. Lui qui aurait tant aimé le tuer de ses propres mains.


Heureusement pour Alexandre, il y a Marie, la sœur de son ex-femme, qui va l’aider comme elle l’a déjà fait lors de la mort d’Hélène et des enfants. Marie l’amie, l’amoureuse, celle dont la perspicacité fera dire : « Il faut se pardonner si l’on veut que l’histoire se poursuive. Edouard Dayms s’est supprimé. Il ne peut pas faire plus. Il te laisse le champ libre. Il t’offre une seconde chance. A toi de la saisir ! » (p 306). Elle présente donc le thème de la rédemption !
Manipulation, fascination, mais aussi rédemption sont les thèmes principaux du livre.

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Pour l'instant, je ne veux pas vous imposer plus de livres. J'en ai quelques dizaines au chaud dont je vous parlerai prochainement.

Et n'oubliez pas: si vous êtes lecteur, alors sous pouvez vous révéler écrivain.

A bientôt.

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