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Interview Patricia Fosse



Interview de Patricia Fosse , auteur du livre « Le Rien du Tout »,

par Armand Poursin ,  le 20 juin 2015.


Cette interview reste, pour l’instant, écrit, des problèmes purement techniques nous ayant empêché toute autre forme d’enregistrement.
Le hasard a voulu que je fasse connaissance de Patricia par le biais d’un forum sur la publication nommée « La plume autonome ».
Toujours est-il que je l’ai croisée fréquemment sur Facebook et que j’ai beaucoup aimé son sens de la répartie. Tant et si bien que, lors de la sortie de son livre « Le Rien du Tout », j’ai décidé de lire avidement celui-ci. Je n’ai pas été déçu, car j’ai retrouvé cet humour particulier mêlé à un sérieux inébranlable qui me semble la caractériser.
Et une idée a germé en moi : Pourquoi ne pas l’interviewer sur les motivations qui l’ont poussée à réaliser ce genre d’ouvrage. J’ai, je l’avoue, un esprit un peu frondeur et je manie l’ironie depuis ma plus tendre enfance ce qui m’a valu quelques déboires dont je ris encore. En conséquence, j’ai poussé mon questionnement de mauvaise foi le plus loin possible, m’efforçant de mettre le doigt dans les contradictions du livre. Je l’avoue, Patricia est malicieuse et je suis encore bluffé par sa capacité à retomber sur ses pieds.
Mais place à cette interview qui va vous dévoiler ce qu’est le Rien face au Tout et à tout le reste. Ce reste dont parle Xu Xing dans son merveilleux livre « Et tout le reste est pour toi ».
L’enregistrement de l’interview sera accessible sur YouTube avec le titre « Interview sur le Rien du Tout »… un jour ou l’autre ! (mais pas pour l’instant, car problèmes techniques)

              

En dernier lieu, je vous donne l’adresse de son site de développement personnel :
http://www.epanouissance.com/

 

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http://ecx.images-amazon.com/images/I/51VTB4SWONL._AA324_PIkin4,BottomRight,-58,22_AA346_SH20_OU08_.jpg

Interview de Patricia FOSSE :
Présentation de son livre sur Amazon :
« Le Rien du Tout » [Format Kindle]
Avertissement de l’auteur
 « Je préfère vous avertir que cet essai psycho-philo-humoristique est un condensé de rien, il va à l'essentiel. Ceci n'est donc pas une encyclopédie du Rien. Je n'ai pas fait le tour de la question, souhaitant laisser de la place à d'autres auteurs intéressés par ce thème. »
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Votre fiche auteur sur Amazon :
51eKpjnpmhL._UX250_.jpgPatricia Fosse exerce en tant que formatrice en développement personnel et coach depuis 1992. Elle utilise des techniques issues des domaines des rêves, de la relaxation et du coaching dans ses formations et accompagnements.
Elle a créé le site www.epanouissance.com et les services qui y sont proposés.
Les livres brochés et numériques : "102 exercices de flash relaxation", "Comment vous épanouir grâce à vos rêves", "Coachez-vous avec le bilan personnel annuel", "Les chroniques du développement personnel" sont des manuels contenant de nombreux exercices d'application simple et pratique, mis à disposition de toute personne souhaitant s'épanouir.
Elle est également co-auteure des CD audio de relaxation visualisation musicale guidée "Voyagez relaxé", "Mieux dormir, mieux rêver" et "Relaxation pour prendre soin de sa santé".
Page Facebook Epanouissance   http://www.facebook.com/Epanouissance
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1-Qui êtes-vous ?
Âge (pure indiscrétion)

Je suis née l'année où...le colonel Glenn fut premier Américain à voyager autour de l'orbite terrestre.  La même année, Gaston Bachelard est mort. Philosophe connu, il a exploré la conscience par le biais de l'imaginaire (ce qui est différent de la raison et de l'intuition) j'ai d'ailleurs trois livres de cet auteur dans ma bibliothèque. Cette conscience qui semble être celle sur laquelle s'appuient beaucoup les écrivains, en définitive, permet d'accéder à des moments privilégiés où quelque chose d'original émerge.

Origine familiale (bourgeoisie, petite bourgeoisie, fonctionnaire, commerçants, artisans, ouvriers …)
J'ai vécu le début de mon existence à côté de Paris à Vitry-sur-Seine et ensuite en Normandie à la campagne.
Je suis une « campagno-citadine » ou une urbano-rurale.
Mon père était électro-mécanicien et ma mère secrétaire.

Études suivies : littéraires, scientifiques, langues…
J'ai suivi des études scientifiques je suis ingénieur agroalimentaire de formation initiale, j'ai également un DEA de biotechnologie et un diplôme de formateur d'adultes. De plus, j'ai suivi diverses formations et divers stages en développement personnel.

Parlez de votre parcours qui vous a conduit à écrire ce livre :
Attrait pour la philo, la psycho… la littérature, la poésie, la musique, les arts en général…

Ce qui m'a conduit à écrire ce livre est la conjonction de plusieurs choses : le sens du défi, tout nouveau livre est déjà une sorte de défi vivant, en quête de lecteurs, des microévènements personnels et « l'air du temps » au niveau collectif.
Au niveau personnel j'ai discuté plus d'une fois avec des personnes qui ont cette réaction étrange : quand on émet un souhait tout à fait légitime ou une suggestion à leurs éventuels problèmes, elles vous répondent : « ça ne sert à rien » comme des enfants démotivés et niant en même temps l'existence de solutions possibles . Comme des enfants et ce sont des adultes !
J'ai également eu un ami plutôt dépressif qui était plutôt dans une mouvance aquaboniste.
Et j'ai découvert un groupe sur FB qui s'intitule « le groupe qui sert à rien » auprès duquel j'ai fait un séjour bref et amusant. Mais je ne suis pas restée parce que j’estime ne pas servir à rien. J'ai cette prétention que mes actions servent à quelque chose et je peux l'observer au moins sur le court terme, voire sur le moyen terme. Après à l'échelle des temps géologiques cela pourrait se discuter !
Je ne sais pas vous, mais je ne cesse de croiser des gens qui semblent avoir des emplois du temps de PDG ou de ministre. Quand ils s'arrêtent pour vous saluer ou vous faire la bise, ils ont toujours l'air d'être pressés comme s'ils avaient laissé une casserole de lait sur le feu. Évidemment, ça donne l'air important et peut renvoyer à l'autre d'être une quantité négligeable, une sorte de vermisseau croisé sur le bord de son chemin.
Je pense que cela ferait du bien à toutes les personnes qui manifestent ce genre de comportement absurde de prendre un peu de temps pour penser et panser « le Rien ».


2-Votre travail dans le développement personnel, certes, mais, qu’est-ce donc que cette tarte à la crème ?
Si vous posez les questions tout en apportant des réponses pâtissières…
Peut-être que je peux comparer le développement personnel à une pâte de boulanger qui lèverait et dont le praticien serait la levure, l'ingrédient indispensable, le catalyseur du processus d'élévation.
En fait, il s'agit d'accompagner les personnes dans la réalisation de leurs objectifs parfois il s'agit de soutien, d'autres fois de conseils, d'autres fois encore de leur permettre de déployer leurs qualités ou leurs compétences, de trouver ensemble des solutions, de lever des blocages, d'avancer de façon positive…


2 bis-Pourquoi « Epanouissance »? C'est référence à des formes épanouies (hi!hi!) ou à un désir d'avenir?"
Epanouissance est un nom de marque que j'ai choisi. Il désigne le processus de développement personnel qui conduit à une avancée du consultant dans sa vie, je trouve qu'épanouissement est plus connoté positivement que développement.

3-Vous dites « … je suis seulement quelqu’un qui aime écrire et réfléchir, enfin juste un petit peu plus qu’une blonde est censée le faire. » Vous semblez affirmer que les blondes, à la lecture de cette petite phrase, sont de véritables cruches ? J’ignorais ce trait de caractère vous concernant !
Vous avez raison c'est bien-sûr de l'autodérision qui s'appuie sur un stéréotype absolument non démontré et faux.

4-Lorsque vous écrivez « Faut-il être un spécialiste pour écrire ou pour réfléchir à propos de la vie ? », vous considérez donc que n’importe qui est capable d’être philosophe, psychologue, ou autre « -ophe ». Mais, qu’en est-il des autres métiers ? Celui de médecin ? De dentiste ? D’anesthésiste ? De peintre  (technique ou art), … En partant de votre postulat, il serait donc possible de s’improviser n’importe quoi ? L’apprentissage dans chaque domaine de la vie professionnelle est donc une vaste fumisterie ! Qu’en pensez-vous ?
C'est la poule qui fit le Z'oeuf ! Remercions la poule et apprécions le z'oeuf !
C'est de la provocation de ma part. Non bien-sûr il ne s'agit pas de s'improviser électricien ou médecin. À une extrémité l'improvisation et à l'autre l'hyperspécialisation. Les deux témoignent d'une certaine fragilité de l'être humain.
Cette hyperspécialisation de certains peut créer la dépendance et l'incompétence d'autres, amener à des situations absurdes, parce que seul le spécialiste est censé posséder tout le savoir et le tout pouvoir. Par exemple depuis plusieurs années les urgences des hôpitaux sont débordées, il y a des cas où cette consultation pourrait être évitée par des formations de base utiles en secourisme par exemple pour détecter si la situation nécessite ou non d'aller aux urgences.
De plus, il y a une tendance actuelle vers l'homme (ou la femme) global, plus équilibré, et plus heureux avec un éventail de centres d'intérêt et de compétences plus large. Tout se passe comme si cette hyperspécialisation était susceptible de créer un clivage. On peut voir ça comme un développement vertical en l'absence de développement horizontal, ou transversal. Ce type de croissance ou développement humain fragilise. Imaginez une personne très grande, haute et très maigre, elle aurait du mal à tenir debout.
Au niveau de la santé, si vous êtes malade votre corps ne guérira pas à partir de la partie qui souffre, mais bien à partir de tout le reste de vos organes qui eux ne sont pas altérés, mais sains.
Si l'on considère l'emploi par exemple qui est un problème de notre société, un homme ou une femme qui possède plusieurs cordes à son arc aura plus de chances de pouvoir se reconvertir ou transférer ses compétences qu'un employé très ou trop spécialisé.
Il y a aussi ce besoin de l'être humain de se renouveler, de découvrir d'autres domaines et ce faisant d'autres facettes de sa personnalité. On peut d'ailleurs l'interpréter comme un élan naturel de développement de soi.
Ce n'est pas tant l'improvisation en tant que telle, que selon vous, je revendiquerais, mais plutôt la reconnaissance naturelle de débuter une activité quel qu’elle soit avec une part d'inexpérience sans se faire tirer dessus à boulet rouge par certains experts qui souhaiteraient conserver l'exclusivité de leur territoire, même si à terme cela pose des problèmes pour tout le monde au niveau social et économique. Il faut qu'il y ait des passerelles souplement encadrées ce qui éviterait nombre de noyades de la part de personnes même quand elles sont jeunes, qui se jettent à l'eau sans savoir nager.
Si l'on en revient à la vie même, je pense que chacun est en mesure de réfléchir à sa manière sur sa vie et sur la vie en général. Bien-sûr acquérir des outils pour mettre en forme et exprimer, affiner sa pensée est important que ce soit à l'école au cours des études ou en dehors.
Publier, communiquer son point de vue à condition d'écrire dans un français correct et en discuter avec d'autres, relèvent de l'autonomie et de la liberté d'expression. D'ailleurs, c'est ce qui passe avec l'éclosion des blogs moyens accessibles à tout un chacun.

5-Vous écrivez « … la philosophie qui est censée ne servir à rien ». Par cette affirmation, vous vous inscrivez dans le mouvement politique qui a mené à la mise à l’écart de la philosophie, voire même à une tendance très forte de son éradication. En 1976 , alors qu’apparaissait  les Nouveaux Philosophes "BHL et Cie » encensés par le Président Giscard d’Estaing, alors même qu’ils ne faisaient que plagier les anciens philosophes, et qu’eux-mêmes, tristes sires, faisaient une philosophie du style de Monsieur Jourdain dans le Bourgeois Gentilhomme, philo dont se gargarise encore un BHL… alors même que les estocades portées par les politiques et ces nouveaux philosophes pour tuer la philosophie, cette dernière, épuisée, commençait à se retirer d’un débat écœurant. La pensée méritant des efforts que bien des personnes refusent de faire ou sont incapables de faire. Désormais, nous voici avec une philosophie de comptoir qui domine la nation française. Le Siècle des Lumières, encensé par tous, a disparu. Chacun devient « le philosophe » ! Est-ce donc votre point de vue ?
Vous pouvez m'inscrire où vous voulez mais sachez que cela n'engage que vous. C'est vous qui en me transmettant votre avis, m'apprenez cet aspect des choses très orienté.
Les vrais philosophes originels d'un côté et les faux, les plagieurs de l'autre.
Ce n'est pas du tout ce que j'ai voulu dire, monsieur Elkabach heu Poursin !
Je voulais dire que la philosophie n'est pas censée avoir une vocation utilitariste au sens pratique, ni à être utilisée pour justifier des orientations politiques. Ce qui ne signifie pas que les hommes et les femmes philosophes doivent s'abstenir d'avoir des idées politiques, mais peut-être leur pensée serait-elle plus libre, plus dégagée donc plus apte à se renouveler? À partir du moment où l'on s'inscrit comme vous le mentionnez dans un cercle d'appartenance qui défend ou promeut certaines idées, y a-t-il réellement la place pour des idées nouvelles ou même pour une nouvelle mise en forme de ces idées ? Ce que l'on constate en général c'est que cela occasionne souvent plus que des débats, des conflits, on crie à la trahison et celui qui aspirerait à exprimer l'émergence d'autre chose est vite banni et condamné à faire cavalier seul, à trouver d'autres disciples, etc..
Bon, c'est un mythe bien ancré dans les psychés humaines à l'origine d'habitudes actuellement en vigueur. Cela ne signifie pas qu'il n'évoluera jamais…
Donc cela m'est bien difficile de vous répondre ou du moins d'aller dans le sens de la réponse que vous espériez peut-être. Revenons donc à la définition de la philosophie, sachant que définir c'est déjà exclure en partie :
Remarque : La philosophie c'est : « l'amour de la sagesse ». C'est une activité et une discipline existant depuis l'Antiquité en Occident et en Orient, se présentant comme un questionnement, une interprétation et une réflexion sur le monde et l'existence humaine. Différents buts peuvent lui être attribués : la recherche de la vérité ; la méditation sur le bien, le beau, le juste ; la quête du sens de la vie et du bonheur.
Au sens aristotélicien et médiéval, la philosophie est une science, la science des premiers principes et des premières causes.
Au sens moderne et pour une bonne partie des philosophes contemporains, la philosophie n’est pas un savoir, ni un ensemble de connaissances, mais une démarche de réflexion sur les savoirs disponibles. Ancrée dès ses origines dans le dialogue et le débat d'idées, elle peut se concevoir comme une activité d'analyse, de définition, de création ou de méditation sur des concepts.
(Wikipédia)
D'autre part peut-on poser l'hypothèse que notre société souffre ou du moins que la partie souffrante de notre société est celle qui ne veut pas sortir des définitions limitantes, cloisonnantes et hyperspécialisées du passé ? Et que les solutions pourraient jaillir d'émergences nouvelles, mutantes et non muselées par les balises de chemins trop définis ou prédéfinis...Ce qui est déjà le cas dans la sphère de nouveaux auteurs où nous nous sommes rencontrés.
Peut-être que pratiquer ce qui semble être pour vous une philosophie de comptoir peut apporter des premiers éléments utiles à tout un chacun et pourrait éventuellement en amener certains à aller plus loin dans cette discipline. Il faut bien commencer quelque part, et ce quelque part est le point d'où l'on part. D'ailleurs, il existe de nombreux cafés philo.

6-Vous avez une position fortement politique en soulignant le « gâchis » de la vie moderne. Pourtant, cette évolution commencée au 19ème, a radicalement transformé la vie de millions d’individus en leur permettant d’avoir un habitat digne, de découvrir les délices du savon et de la propreté, de pouvoir manger à leur faim… Accomplissement qu’est loin d’avoir réalisé, à ce jour, la moitié de l’humanité. Sans doute, allez-vous développer de suite, pourquoi vous défendez, un « retour à hier » !
Désamalgamons voulez-vous ? Vous utilisez un raisonnement du genre : ce qui a été positif pour une partie de la population devrait continuer à l'être. Non les progrès ont effectivement conduit à une amélioration importante du bien-être et du confort matériel ainsi que de l'espérance de vie, comme vous le précisez, dans une partie de la planète que nous avons la chance d'habiter. Mais le fait est observable et observé nous consommons des gadgets ou possédons en double ou en triple certains objets tout en n’étant d'ailleurs pas plus heureux pour autant, voire même malheureux. C'est un indicateur que ce mode de fonctionnement soit devenu obsolète pour la population concernée.
Sans compter tous les problèmes de traitements des déchets qui sont coûteux. C'est-à-dire que cela coûte plus cher de dégrader ces objets en surnombre que de ne pas les fabriquer ou éventuellement d'orienter ces moyens pour répondre aux besoins plus fondamentaux de la partie défavorisée de la population qui grandit oui même en France avec l'augmentation de la pauvreté.
Non je ne défends pas un retour à hier. D'ailleurs, je ne défends rien non plus, je prône seulement un plus de Rien dans la vie de chacun, enfin de ceux qui sont nantis. D'ailleurs, le président de la République a montré l'exemple concernant sa rémunération qu'il a diminuée de 30 %.

7-Qu’entendez-vous par « Cela me fait penser au rien quantique » ? Une superposition de rien, une multiplication de rien à la manière des « Sabines de Marcel Aymé » ? Le mot « quantique » est, actuellement, en train de devenir la nouvelle tarte à la crème du Développement personnel. Pas un jour passé sans voir sur internet, des méthodes quantiques, des guérisons quantiques… Certes, la physique quantique existe depuis le début du 20ème siècle quand même ! mais, elle est une tentative d’explication phénoménale comme l’est la découverte des trous noirs et bien d’autres phénomènes extraordinaires de la matière. Peut-être devriez-vous utiliser un terme moins scientifique, pour exprimer votre pensée sur le rien. Qu’en pensez-vous ?
J'ai l'impression que vous avez une dent contre les tartes à la crème ! Vous auraient-elles fait subir des préjudices ?
En physique quantique, une branche de la Physique, on parle de la probabilité de présence d’une particule. Une particule électronique peut être ici ou là, présente ou absente, présente et absente dans une région délimitée.
Vous faites référence à un chapitre du livre qui traite des disciplines du Rien.
Où situer le rien ? Le rien est-il partout, est-il nulle part ? Ou peut-il être nulle part et partout à la fois ? Comme les particules subatomiques.
Le Rien est transdisciplinaire. Vous me demandez d'utiliser un autre terme moins scientifique parce que vous opposez les sciences à la littérature, peut-être parce que dans votre esprit cloisonné , vous n'imaginiez pas que ces deux disciplines ou plus peuvent se rencontrer autour d'un thème fédérateur voire même fusionner. Pourtant la fusion entre la littérature et les sciences existe chez les auteurs de science-fiction par exemple. C'est vrai : les registres de vocabulaire de la science et de la littérature sont différents. Mais la langue elle-même englobe ces différents registres.
 « Les Sabines » de Marcel Aymé » :
"Les Sabines" est une nouvelle de Marcel Aymé, parue dans le magazine « Je suis par"tout » en 1943 puis dans le recueil le passe-muraille peut-être plus connu du grand public.
Possédant le don d'ubiquité, une femme prénommée Sabine se dédouble en épouse de l'employé Métivier et en amante du jeune peintre montmartrois Théorème. Pour financer ses dépenses, elle devient aussi lady Burburry en épousant un riche Anglais.
Alors oui il y a une analogie : le sujet qu'il soit un personnage comme dans les Sabines ou le Rien est présent en divers endroits en même temps.
Comment le Rien s'exprime-t-il en littérature ? C'est une vaste question juste effleurée ici mais qui peut intéresser des littéraires…
Vous me demandez d'utiliser un terme moins scientifique que quantique pour qualifier le Rien, alors utilisons les deux voulez-vous : quantique et ubiquiste, est-ce que cela vous convient ?

8-A un moment donné « Le Rien et l’excès de tout », vous quittez le Rien pour devenir didactique. Ce qui me parait être une influence de votre métier de formatrice. Qu’en pensez-vous ? Ce passage éloigné du rien ne serait-il pas un remplissage qui ne sert à rien… d’autre qu’à donner des leçons de bonne conduite à ces pauvres ères qui ne savent que se laisser aller au Tout ? Expliquez-vous.
Cela fait effectivement partie de mon positionnement et du « préformatage » professionnel de ma pensée. C'est une autre façon d'aborder le Rien de façon appliquée, concrète qui satisfera les personnes qui ont besoin de repères pratiques. De même que la recherche fondamentale débouche sur la recherche appliquée, la philosophie peut avoir des retombées pratiques. Je parle aussi de la société de consommation dans ce chapitre, la pression sociale qui nous pousse à l'excès si l'on n'est pas vigilant, nous donnant l'illusion que l'avoir plus pourrait entraîner l'être à être plus heureux, plus intelligent, plus épanoui. Mais l'excès n'est pas la sagesse. C'est une façon collective de se fourvoyer .Au-delà d'un certain niveau où nos besoins sont comblés bien entendu. On ne peut pas rester indéfiniment indifférent à la souffrance et à la pauvreté, au malheur des autres. Un jour, le retour de boomerang se produit. 

9-Au chapitre « le Rien, le Vide et le Néant » vous écrivez « Morte, la personne ne devient plus personne car la vie l’a quittée. »Puis, vous posez la question : « Existerait-il alors un rien plein ? » Je pense comprendre que, pour vous, le rien a besoin d’existence puisqu’il ne peut-être ni le Vide, ni le Néant, ni l’Être … Alors, bon sang! qui donc, à votre avis, existe sans exister, est sans être, est plein et vide à la fois ? Expliquez-nous cela autrement que par une métaphore, si habile soit-elle.
Heu vous pouvez répéter la question ? Neurones en surchauffe !
C'est vrai le rien n'est pas le vide, pas le néant non plus, ni l'être.
Dans le vide il n'y a rien, dans le néant c'est plutôt noir, dans l'être il y a tant !
Peut-être que le rien n'est rien en soi, il n'existe que par rapport au tout, il en fait partie, il est cependant extensible. Le rien est qualitatif, mais non en 3D comme l'est le vide. Le néant implique l'idée de destruction. L'être est intrinsèquement complexe.
Le rien pourrait être un autre nom donné à Dieu, si Dieu n'était pas associé au pouvoir de création. Le rien n'est pas la vie non plus qui implique un mouvement dynamique très puissant également.
Le rien est le rien, doté de sa propre existence distincte. Mais il arrive qu'on lui prête des synonymes, tous ceux évoqués précédemment, alors il sert en quelque sorte de passe-partout !
Bien qu'unique il faut bien admettre que le rien est partout, en plus ou moins grande quantité d'où le titre du livre : Le Rien du Tout !

10-Vous écrivez « … revenir à un certain niveau de Rien, de vide, n’est pas un sacrifice, une privation c’est se focaliser sur l’essentiel, sur ce qui est important pour soi. » Ainsi donc, le Rien = le Vide ? Ceci demande un éclaircissement de votre part. À vous de nous l’expliquer. Je retiens simplement que le Rien ne conduit pas au Sacrifice ! Ouf, vous avez échappé de justesse à la moralisation chrétienne ! Merci.
Cette citation se trouve dans le chapitre 6 le rien, le vide et le néant, question 8 le rien n'est pas rien, il mérite donc qu'on s'y intéresse !
Je donne l'exemple des deux jeunes amis Nans et Mouts dans l’émission « Nus et culottés ». Partir de rien pour atteindre le rêve qu’ils se sont fixé, c’est à chaque fois le défi que se lancent ces deux aventuriers. Alors comment font-ils ? Ils utilisent déjà leur débrouillardise et le surplus qu'acceptent de leur donner, si elles en ont, les personnes qu'ils croisent sur leur chemin, à qui ils expliquent leur objectif.   
Notre actuel président de la République Monsieur François Hollande a également diminué ses revenus de 30 %, pour des raisons économiques, en entrant en fonction. Il n'a pas l'air d'être plus malheureux pour autant !
Je parle toujours d'un rien ou d'un vide relatif et non d'un rien, d'un vide ou d'un dénuement complet et absolu.
La démarche est simple et consiste à supprimer le superflu, sur une période qui peut d'ailleurs être de courte durée et relève de la liberté de chacun, afin d'être en contact avec l'essentiel pour soi dans sa vie. Qu'est-ce que l'essentiel ?  Ce qui compte le plus, ce qui est vraiment important pour soi.

11-Votre psychologie du Rien me parait trop près d’une morale chrétienne qui veut que les personnes « fassent » et ne restent pas « rien ». Base de la société ? Ah ? Mais laquelle ? C’est un peu en contradiction avec ce que vous écriviez auparavant concernant le « se débarrasser des trop-pleins ». Comment résolvez-vous cette immense contradiction ?
Excusez-moi cela ne se rapporte pas non plus à une certaine morale politique. Certains leaders et leurs suiveurs sont devenus des fumistes ou complètement démagogiques. Ce qui expliquerait peut-être un désintérêt certain envers cette discipline, parce que les citoyens n'en attendent plus rien...de bien ou de bon pour eux.
Il n'y a contradiction que si dans votre esprit vous maintenez une dualité entre deux pôles antagonistes. Ma position est claire, je prône plus de Rien en réaction à l'excès de Tout. C'est une position intermédiaire de sagesse, c'est en cela qu'elle rejoint la quête philosophique.

12-L’affirmation « L’on peut s’habituer à posséder très peu de choses comme le font les moines » est abusive ! Les moines ne possèdent rien, même moins que rien puisqu’ils ne se possèdent plus ! Ils sont le rien par excellence dédié au Tout ! Le grand, évidemment ! Vous auriez pu, chère amie, prouver, grâce à la vie monastique, que le Tout existe, en d’autres termes l’innommable, le « Nous » des philosophes, le plus que… Pourquoi vous être fourvoyée dans une telle affirmation ?
C'est une question de point de vue je considère que les moines possèdent quelque chose : leurs vêtements, leurs chaussures, leur bol quand il s'agit de moines bouddhistes. Si en collectivité leurs vêtements et chaussures, leur lit, leur place au réfectoire, sont interchangeables alors effectivement ils ne possèdent rien. Dire qu'ils se consacrent au collectif d'accord, dire qu'ils ne possèdent plus d'ego individuel, plus aucune trace de leur personnalité, je n'en suis pas sûre du tout.

13-Le rien est un état ? « Ne rien chercher, ne rien vouloir, retrouver l’état d’être là, tout simplement. » Après avoir été un être ? Décidément, le rien recouvre tout et donc le Tout. C’est un peu comme la division par zéro qui, désormais, est égale à l’infini alors qu’elle a été longtemps impossible ! Le rien est donc plus que tout d’où ma question : Le Rien est-il, selon vous, constitutif du Tout ? Non pas une émanation de celui-ci, mais la matrice même de celui-ci. En un mot, le Rien est la maman du Tout ! Que pensez-vous de cette proposition ?
Oui bien-sûr le Rien est un état et ses habitants s'appellent les riendutoutistes ! Vous avez saupoudré un peu trop de rien dans ma phrase de départ et celle que vous proposez a par conséquent un tout autre sens !
Reprenez la phrase en entier elle est claire et compréhensible, il me semble.

14-Le Rien peut servir de Sel « Saupoudrer du rien dans votre emploi du temps », dites-vous. Ainsi, faut-il déduire que le Rien est Immanent à l’ensemble de la Création ? Ou avez-vous une autre idée « derrière la tête » ? (ou devant ou …). Expliquez-nous tout cela.
Le sel est un aliment très concret. Le rien beaucoup moins, c'est rien de le dire.
Concrètement, c'est se laisser des instants, des moments, des journées pour ne rien faire de spécial, sans avoir en tête une liste de choses à faire ; cela permet de déstocker le surplus, de retrouver l'équilibre pour ceux qui ont abusé des excès, dont celui d'en faire trop, ceux qui ont agi au-delà de leur rythme, ceux qui n'ont pas respecté leurs horloges biologiques. Malheureusement, c'est parfois la maladie qui force au repos.

15-Le Sage est un être idyllique selon vous. Avez-vous donc rencontré des sages dans votre vie pour ainsi, leur donner les attributs d’une quasi-divinité ?
En vérité je vous le dis, j'ai rencontré plus de singes que de sages.
La sagesse est bien l'objet de la philosophie ! Et en tendant vers une sorte de perfection, on a plus de probabilité de s'en rapprocher que si on n’en a rien à fiche...

16-Que dire que je n’ai dit si ce n’est de ne Rien dire ? Cette proposition est un nouveau défi que je vous lance ! Ainsi votre Rien va-t-il pouvoir creuser plus profondément son sillon.
Certains pensent comme l'énonce le fameux adage « ce n'est pas parce qu'on n’a rien à dire qu'il faut se taire » mais je lui substitue plus volontiers « Quand on n'a plus rien à dire, c'est inutile d'en rajouter ! »
Merci pour votre interview très intéressante qui m'a permis de renforcer et d'approfondir un peu le Rien, sans me perdre dans le néant.
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Pour votre plaisir, je ne puis que vous conseiller de vous procurer Le Rien du Tout
Bonne lecture à tous pour cette interview écrite
À bientôt
Armand Poursin
Quelques sites à visiter : SUN CLUB ;  DE TOUT UN PEU

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Patricia,
Je pense que tu as dû beaucoup t’amuser et, également, beaucoup travailler pour découvrir toutes ces saveurs du Rien. Je te livre donc ci-dessus quelques questions réflexives auxquelles je vais me faire un plaisir de te soumettre de vive voix « Skypienne » !, si tu en es d’accord. En attendant de rire avec toi au travers d’écrans connectés.
Comme tu l’as constaté, je me suis efforcé de te vouvoyer lors de ces 16 questions. Mais, ceci me servant de support à la préparation, je me mets ainsi à distance de l’évènement afin de garder le peu de lucidité qui me reste.
Bien amicalement,
Armand

 

 









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